Ebola : pourquoi les communautés sont notre première ligne de défense

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Alors que l’épidémie d’Ebola progresse en République démocratique du Congo (RDC) et que des cas ont été confirmés en Ouganda, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré, le 17 mai 2026, une urgence de santé publique de portée internationale. La souche en circulation, Bundibugyo, est particulièrement préoccupante : aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé n’existe à ce jour. 

Pour comprendre les origines et l’évolution de cette épidémie, consultez notre article : Épidémie d’Ebola en Afrique centrale et de l’Est : ce que vous devez savoir. 

 

Une situation fragile, mais encore maîtrisable

En Ouganda, la situation est stable jusqu’à présent, mais reste précaire. Le pays, frontalier avec la RDC, a déjà fait ses preuves en matière de gestion des épidémies : la dernière flambée d’Ebola, en février 2025, a été contenue en 68 jours seulement, grâce à des mécanismes de surveillance et de réponse déjà en place. Pourtant, les mouvements de population entre les deux pays rendent la vigilance indispensable. 

« La situation liée à Ebola en Ouganda est stable, mais très fragile. » Dr Patrick Kagurisi, Directeur national d’Amref Health Africa en Ouganda 

 

Les communautés, clé de la détection précoce

Pour le Dr Githinji Gitahi, Directeur général du groupe Amref Health Africa, les systèmes de santé communautaires doivent être la première ligne de défense contre Ebola. Pourquoi ? Parce que les premiers signes de la maladie apparaissent toujours au sein des communautés, bien avant d’atteindre les hôpitaux. 

Concrètement, cela signifie : former les agents de santé communautaires pour repérer les symptômes ; renforcer les systèmes d’alerte précoce pour signaler rapidement les cas suspects ; et sensibiliser les populations pour qu’elles agissent sans délai. 

Amref a démontré que cette approche a déjà fait ses preuves : lors de précédentes épidémies, les réseaux communautaires ont permis d’identifier plus tôt les cas, de limiter la transmission et d’orienter les malades vers les structures adaptées. 

 

La réponse d’Amref dans les zones critiques

Les équipes d’Amref interviennent dans le cadre d’une réponse coordonnée avec les autorités sanitaires en se positionnant dans les zones à risque, tels que les points d’entrée entre les pays.

Voici quelques premières actions en cours de déploiement en Ouganda pour améliorer la sensibilisation de la communauté au contrôle et à la prévention :

  • 62 agents de santé communautaires reçoivent une formation de remise à niveau sur la prévention et le contrôle des infections virales Ebola. On cible prioritairement 15 points d’entrée entre la RDC et l’Ouganda.
  • Production et diffusion répétée de messages (900 passages) de prévention sur les radios locales, ciblant les fréquences captées dans les districts frontaliers.
  • 180 campagnes mobiles d’information santé qui circulent dans des zones de forte affluence et les centres commerciaux
  • Dans 24 écoles primaires et secondaires du district d’Arua, des campagnes de sensibilisation sont menées conjointement avec les équipes de surveillance des maladies du district.

 

D’autres actions se déroulent dans les structures sanitaires des points d’entrée. Une composante vitale est la fourniture d’équipements de protection individuelle (bottes, tabliers, gants, lunettes), de désinfectants et l’installations de stations de lavage des mains.

Amref apporte aussi son expertise pour faciliter la coordination, aux côtés des autorités sanitaires locales, des activités de contrôle et de prévention d’Ebola aux niveaux des districts et la liaison avec les autorités et systèmes d’information de santé à échelle nationale et régionale.

 

Confiance et information : des outils contre la désinformation

La lutte contre Ebola ne dépend pas que des infrastructures médicales. Elle repose aussi sur la confiance des populations envers les autorités sanitaires. Or, les rumeurs, la désinformation ou les croyances locales (comme l’association d’Ebola à la sorcellerie) peuvent retarder le signalement des cas et aggraver la situation. 

Avec la souche Bundibugyo, aucun traitement spécifique n’est disponible. Les patients ne peuvent bénéficier que de soins de soutien dans des centres spécialisés. Dans ce contexte, la mobilisation communautaire devient notre premier “vaccin”, comme le souligne le Dr Gitahi. 

« En l’absence de vaccins ou de traitements approuvés, la mobilisation communautaire est notre meilleure arme. » 

 

Agir maintenant pour éviter une crise régionale

Ebola ne connaît pas les frontières. Pour éviter une propagation incontrôlable, Amref Health Africa appelle à une mobilisation immédiate des gouvernements, partenaires internationaux et bailleurs de fonds. Les priorités ? 

  • Renforcer les systèmes de santé communautaires.
  • Développer les capacités de diagnostic rapide.
  • Améliorer la coordination transfrontalière.
  • Soutenir les personnels de santé en première ligne. 

 

« Protéger le monde commence par contenir l’épidémie en RDC et en Ouganda. Si nous échouons, le risque nous concernera tous. » Dr Patrick Kagurisi 

 

 

Pour aller plus loin. Soutenir notre action.

Amref Health Africa a mis en place ce site d’information mis à jour régulièrement 👉 https://amref.org/ebola/  

La prévention est encore possible : ces premières semaines de l’épidémie sont cruciales. Vous pouvez aider Amref dans sa réponse à Ebola et renforcer les systèmes de santé en Afrique, en faisant un don ❤️ https://don.amref.fr/Ebola-2026