Un enjeu majeur pour l’accès aux soins
A RETENIR
En 2024, la Région africaine de l’OMS comptait 3,1 médecins et 13,3 personnels infirmiers et obstétricaux pour 10 000 habitants, soit environ 37 % du niveau de référence associé aux objectifs de développement durable (OMS).
L’OMS estime que la Région africaine pourrait encore connaître une pénurie de 5,85 millions de personnels de santé d’ici 2030.
En 2024, Amref Health Africa a formé 124 744 personnels de santé, dont 31 732 agents de santé communautaires.
Face à la pénurie de personnels de santé qui fragilise encore de nombreux systèmes de soins en Afrique, Amref Health Africa fait de la formation un levier central de son action. Cette approche s'inscrit dans nos priorités d'action pour renforcer les systèmes de santé africains.
Pourquoi la formation des personnels de santé est-elle un enjeu majeur en Afrique ?
Dans la Région africaine de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), le nombre de personnels de santé est passé de 4,3 millions en 2018 à 5,7 millions en 2024. Malgré cette hausse, les effectifs disponibles ne représentent encore que 46 % des besoins estimés.
Des pénuries qui fragilisent les soins de proximité
Le manque de professionnels concerne les médecins, mais aussi les infirmiers, les sages-femmes et les agents de santé communautaires. Les zones rurales et difficiles d’accès sont particulièrement exposées, puisqu’elles disposent souvent de moins de structures et de professionnels. Former davantage est donc nécessaire, mais les compétences doivent également correspondre aux besoins sanitaires des populations et être disponibles là où elles sont nécessaires.
Former, mais aussi recruter et fidéliser
La pénurie coexiste avec un autre phénomène : des professionnels déjà qualifiés ne parviennent pas à intégrer le marché du travail. En 2024, environ 943 000 personnels de santé formés étaient sans emploi dans la Région africaine, selon l’OMS. Les contraintes budgétaires, le manque de postes financés et les difficultés de recrutement dans certaines zones contribuent à alimenter ce paradoxe. Renforcer les ressources humaines en santé suppose donc d’agir à la fois sur la formation, l’emploi, les conditions de travail, la répartition territoriale et la fidélisation des équipes.
Quels personnels de santé faut-il former en priorité ?
Les besoins concernent toute la chaîne de soins, mais certains professionnels jouent un rôle déterminant dans l’accès aux services essentiels, notamment au niveau des soins de santé primaires.
Les infirmiers et les sages-femmes, piliers des soins de première ligne
Les infirmiers et les sages-femmes interviennent dans de nombreux domaines : santé maternelle et néonatale, vaccination, prévention, dépistage, prise en charge des maladies courantes ou encore suivi des patients. Renforcer leurs compétences permet d’améliorer la qualité des soins disponibles au plus près des populations, notamment dans les territoires où l’offre médicale reste limitée.
Les agents de santé communautaires, au plus près des populations
Les agents de santé communautaires constituent souvent un relais entre les populations et les structures de santé. Ils participent à la prévention, à l’éducation à la santé, au repérage des situations à risque, au suivi des patients et à leur orientation. Pour nous, leur action doit s’accompagner d’une formation adaptée, d’une supervision régulière et d’une meilleure reconnaissance de leur place dans les systèmes de santé.
Pourquoi développer la formation continue des professionnels de santé ?
La formation ne s’arrête pas à l’obtention d’un diplôme. Les connaissances médicales, les protocoles et les priorités de santé publique évoluent, ce qui nécessite une actualisation régulière des compétences.
Actualiser les compétences face à l’évolution des besoins sanitaires
Épidémies, maladies infectieuses, maladies non transmissibles, santé maternelle ou situations d’urgence : les professionnels doivent pouvoir adapter leurs pratiques aux évolutions sanitaires. De fait, la formation continue contribue notamment à renforcer la prévention, le diagnostic, la prise en charge des patients et la capacité de réponse des équipes lorsqu’une crise sanitaire survient.
Faciliter l’accès à la formation grâce au numérique
Pour les professionnels exerçant loin des centres de formation, les déplacements peuvent constituer un véritable obstacle. Les outils numériques permettent de se former à distance tout en poursuivant son activité. Amref développe notamment JIBU, une plateforme qui compte plus de 100 000 utilisateurs dans 37 pays d’Afrique subsaharienne. La plateforme LEAP permet également aux agents de santé d’accéder à des contenus de formation depuis un téléphone classique ou un smartphone.
Comment Amref agit-elle pour renforcer la formation des personnels de santé ?
La formation constitue l’un des axes historiques d’Amref Health Africa. En 2024, notre organisation a formé 124 744 personnels de santé, parmi lesquels 31 732 agents de santé communautaires.
Des formations adaptées aux professionnels déjà en activité
À travers notre Institute of Capacity Development, nous développons des programmes de formation, de mentorat et d’accompagnement destinés aux professionnels de santé et aux institutions. Nous misons également sur des solutions numériques afin de rendre la formation continue accessible aux personnels qui exercent dans des zones éloignées ou disposent de peu de possibilités de déplacement.
Former les futurs professionnels de santé avec l’AMIU
L’Amref International University (AMIU) propose des formations supérieures dans le domaine de la santé. Elle compte aujourd’hui 3 800 diplômés en soins infirmiers et en santé publique issus de 32 pays africains. Aujourd’hui, 90 % de nos étudiants poursuivent leur carrière en Afrique.
Renforcer les compétences là où les besoins sont les plus importants
Amref intervient également directement auprès des établissements et des instituts de formation. Au Soudan du Sud, l’organisation soutient par exemple la formation de sages-femmes au Maridi Health Sciences Institute, dans un pays où l’accès à des professionnels qualifiés en santé maternelle reste particulièrement limité. Comme en témoigne également notre projet Healthy Yambio au Soudan du Sud, qui renforce les capacités des soignants locaux dans une région particulièrement fragile. Ces programmes permettent à la fois de former de nouveaux professionnels et de favoriser la transmission des compétences au sein des équipes de santé. La même logique guide nos autres interventions, comme le projet Kefeta en Éthiopie qui associe formation, santé sexuelle et reproductive et autonomisation des jeunes.
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