Primary Health Care Congress 2026 : remettre les soins de santé primaire au cœur de l’avenir sanitaire de l’Afrique

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En mars 2026, Amref Health Africa a réuni à Nairobi la deuxième édition du Congrès sur les soins de santé primaires (Primary Healthcare Congress), un rendez‑vous stratégique organisé par Amref International University dans un contexte de fortes tensions sur les systèmes de santé africains. Transition épidémiologique, fragilité des financements, effets du changement climatique, croissance démographique et inégalités persistantes d’accès aux soins : jamais les défis n’ont été aussi complexes. Face à cette accumulation de risques, le congrès a porté un message clair et volontaire : sans soins de santé primaires solides, équitables et financés durablement, la couverture sanitaire universelle restera hors de portée pour des millions d’Africain·es. 

Placée sous le thème « Repenser les soins de santé primaires : renforcer la résilience face à l’incertitude mondiale », cette édition a rassemblé responsables publics, expert·es de santé, chercheur·euses, clinicien·nes, étudiant·es, innovateur·rices et acteur·rices communautaires sur le campus de l’université. L’ambition portée par Amref allait bien au‑delà d’un échange académique : repositionner les soins de santé primaires comme une infrastructure stratégique de résilience, capable de protéger les populations aujourd’hui tout en préparant les systèmes de santé aux crises de demain. 

Un enseignement majeur s’est dégagé des débats : les soins de santé primaires ne peuvent plus être pensés comme un simple point d’entrée dans le système de santé. Ils doivent être conçus comme un socle intégré, reliant prévention, diagnostic précoce, continuité des soins, données de santé et ancrage communautaire. Cette vision rejoint directement l’héritage de la Déclaration d’Alma‑Ata (1978), que le congrès a explicitement réactivé : une santé essentielle, accessible, scientifiquement fondée et construite avec la participation active des communautés. 

Pour traduire cette vision en orientations opérationnelles, Amref a présenté une synthèse des principales recommandations issues du congrès. Celles‑ci mettent l’accent sur plusieurs leviers décisifs : le renforcement de l’intelligence sanitaire prédictive, une gouvernance plus robuste et plus éthique des données de santé, l’interopérabilité des systèmes d’information, des investissements durables dans la première ligne de soins et une coopération renforcée entre secteurs public et privé. Ces choix traduisent une conviction forte : la résilience sanitaire repose autant sur la qualité des soins que sur la capacité des systèmes à anticiper, s’adapter et apprendre. 

Ce cadrage est essentiel pour le continent africain. Les systèmes de santé doivent répondre à des besoins immédiats – soins maternels, vaccination, prise en charge des maladies infectieuses – tout en absorbant des chocs de plus en plus fréquents : crises climatiques, déplacements de population, progression des maladies chroniques, tensions économiques. Les discussions du congrès de Nairobi ont rappelé que les soins de santé primaires constituent la première ligne de défense, mais aussi le socle d’une stratégie de développement à long terme, au plus près des territoires et des populations. 

Le congrès a également affirmé sa portée politique. Amref Health Africa a conçu cet événement comme une plateforme panafricaine, destinée à faire dialoguer les expériences locales avec les grands enjeux de santé publique du continent. Une idée a largement circulé au fil des échanges : la santé primaire n’est pas l’avenir abstrait du système de santé, elle en est la base concrète. Une base qui doit être mieux financée, mieux gouvernée et mieux reconnue. 

L’édition 2026 a aussi marqué un tournant générationnel. Étudiant·es et jeunes professionnel·les ont trouvé dans le congrès un espace d’apprentissage et de projection, à un moment où l’Afrique fait face à un déficit critique de personnels de santé formés. Former une nouvelle génération capable de penser la santé en termes de systèmes, de prévention et d’équité est une condition indispensable pour inscrire les réformes dans la durée. 

Au‑delà de ses sessions, cette deuxième édition du Congrès sur les soins de santé primaires confirme une évolution de fond : la santé publique en Afrique entre dans une phase plus stratégique et plus systémique. Il ne s’agit plus seulement d’élargir l’offre de soins, mais de reconstruire les fondations mêmes des systèmes de santé, depuis les communautés jusqu’aux niveaux décisionnels. Pour Amref Health Africa, ce congrès illustre une conviction portée de longue date : investir dans les soins de santé primaires, c’est investir dans la stabilité, la dignité et l’avenir de millions de personnes. 

 

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Site du Primary Health Care Congress : https://phcongress.com/