L’AMREF lance un second appel à dons

 

La crise aggrave la situation des communautés pauvres et vulnérables du Kenya

 

Alors que des milliers de réfugiés somaliens franchissent la frontière pour se réfugier au Nord du Kenya, les populations kenyanes déjà fragiles (habitants des bidonvilles, communautés isolées) au Nord et au Sud du pays subissent elles aussi de plein fouet l’inflation des denrées alimentaires.

 

Dans plusieurs districts du Kenya, une évaluation d'impact de la sécheresse et de la famine sur les programmes de l'AMREF, montre que les activités ont été fortement perturbées conséquemment au changement de priorités des communautés, qui se dirigent désormais vers la recherche d'eau et de nourriture. Les districts les plus affectés sont Samburu, Kitui, Lamu, Magadi, Turkana, Makueni, Kajiado, et les bidonvilles de Kibera et Dagoretti à Nairobi ainsi que la région côtière. L'AMREF tient à s'assurer que la situation dans ces zones ne se détériore pas et met en œuvre une stratégie de renforcement de ses programmes.

 

Une des conséquences majeures de la sécheresse est l’inflation des prix des denrées alimentaires, notamment dans les bidonvilles où plus de la moitié de la population est au chômage. La sécheresse a affecté considérablement le pouvoir d’achat des communautés. Ce qui favorise la prostitution et la délinquance dans ces zones mais aussi l’absentéisme scolaire et met désormais en péril la continuité des programmes de développement en cours qui, menés à bien, servent pourtant à prévenir et réduire les impacts d’une crise.

 

L'AMREF est particulièrement concernée par les conséquences sur les populations les plus vulnérables: les enfants et les femmes enceintes qui sont plus fragiles face à la malnutrition et la diarrhée, pour lesquels les soins médicaux sont quasi inexistants. Et, les personnes affectées par le VIH/Sida et la tuberculose qui nécessitent un apport nutritionnel pour que leur traitement soit efficace. Alors que les populations migrent pour échapper à la famine, elles s'éloignent de leur centre de santé et ont ainsi tendance à abandonner leur traitement.

 

La situation est identique en Ethiopie où on enregistre l’une des plus graves situations sanitaires au monde, avec des taux très élevés de sous-alimentation, une importante diffusion des maladies infectieuses et où la sécheresse a accentué la situation d’insécurité alimentaire de milliers de familles.

 

Un oublié : le Sud-Soudan

 

La sécheresse, la crise alimentaire et les conflits dans certaines parties de la Corne de l'Afrique suscitent des inquiétudes quant aux conséquences possibles en termes de sécurité alimentaire au Sud-Soudan. Actuellement, près de 1 million de personnes au Sud-Soudan subissent un risque élevé d'insécurité alimentaire en raison des déplacements, de la faible production alimentaire, de la hausse des prix des denrées alimentaires et de la baisse des échanges avec le Kenya dont dépend fortement le pays. L’AMREF intervient dans les zones les plus touchées par la crise alimentaire: l’Etat de Bahr El Ghazal, du Nil Supérieur, des Lacs et de Warab. Ces Etats se caractérisent par la difficulté d’accès à l’eau potable, la recrudescence des maladies infectieuses et le besoin imminent d’assistance alimentaire pour les enfants. Rappelons qu’au Sud-Soudan, 1 enfant sur 4 meurt déjà avant l’âge de 5 ans.

 

Agir vite avec une vision de long terme : appel à la communauté internationale

 

La famine continuera à avoir des conséquences sur la santé des communautés longtemps après la fin de la pénurie alimentaire. Ainsi, si les actions d'urgence, auxquelles participe l’AMREF, et autres mesures à court terme sont primordiales dans la stabilisation de la santé des communautés et la diminution du nombre de décès, l'AMREF demande l’établissement concomitant de stratégies de moyen et de long terme afin de réduire la vulnérabilité des communautés face à la sécheresse et à la famine, ainsi que le débloquement de fonds pour mener à bien ces programmes de prévention. S’arrêter à l’urgence ne fera que faire perdurer et se répéter les crises. Les promesses formulées par la communauté internationale et les gouvernements pour réduire la pauvreté doivent être tenues pour que ne se reproduisent plus ces situations de famine liées aux conditions de sécheresse.

 

Cette vision de long terme peut se concrétiser grâce au « capacity building » des communautés, c'est-à-dire en aidant les communautés à établir ou renforcer les infrastructures de santé, l’accès à l’eau et à la nourriture, notamment par le développement de cultures résistantes à la sécheresse. A moyen terme, il est en effet primordial de mettre en œuvre des mesures de lutte contre la malnutrition chronique, d'assainissement de l'eau et de traitement des maladies infectieuses.

 

L'AMREF a constaté que dans les régions où elle a mené des programmes d'assainissement et de santé maternelle et infantile, les communautés sont mieux préparées à faire face aux situations de sécheresse.

 

Appel à dons :

 

Pour mettre en œuvre les premières mesures d’urgence, et réduire ensuite durablement l’impact de la sécheresse et de la famine, l’AMREF a lancé un appel à don de 3 500 000 euros à l’ensemble de la communauté internationale, aux fondations d’entreprises et aux donateurs particuliers. L'AMREF a déjà reçu plus de 1,6 millions d'euros afin de répondre aux besoins immédiats des communautés affectées, dont 400 000 euros en provenance des fondations Total et Sanofi Espoir. Grâce à ces dons, l’AMREF cible un million de personnes au Kenya, en Ethiopie et au Sud-Soudan avec la mise en œuvre de 10 mesures d’urgence comprenant le transport de denrées alimentaires, l’accès à l’eau, l’accès aux soins dans les camps de réfugiés et dans les zones touchées par la sécheresse et la famine. Mais il lui faudrait encore 1,9 millions d’euros supplémentaires pour couvrir toutes les zones touchées ET réduire ensuite, durablement, grâce à plusieurs programmes de développement, l’impact de la sécheresse et de la famine sur le long terme.

 

Pour effectuer des dons : www.amref.fr ou AMREF – Crise Corne de l’Afrique – 134 bld Haussmann 75008 Paris.

 

Pour nous aider : diffusez le message affiche-urgence.pdf

 

Lire le dossier de presse sur la Corne de l’Afrique : dossier_de_presse_crise_corne_de_lafrique_aout_2011.pdf