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Pourquoi porter nos efforts sur la santé maternelle, néonatale et infantile ?
Dr John Nduba, Directeur en santé maternelle, reproductive et infantile de l’AMREF.
« Je veux croire à un futur où les femmes africaines puissent disposer de leurs corps et faire des choix éclairés ; un futur où elles puissent décider quand avoir un enfant, ou bien même si elles souhaitent en avoir; un futur où elles aient accès à des soins de qualité pendant la grossesse et l’accouchement ; un futur où nos enfants naissent en bonne santé. »
Ce que les femmes considèrent comme acquis dans les pays à hauts revenus : des sages-femmes formées, des obstétriciens et des salles d’accouchements, des antibiotiques et des médicaments en cas de complications. Toutes ces choses apparemment basiques sont de vrais privilèges pour les femmes africaines. Une femme sur seize en Afrique risque de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement, contre une sur 30 000 en Europe. C’est la plus grande inégalité au monde.
En Afrique subsaharienne, 280 000 mères meurent chaque année par manque de soins pourtant peu coûteux et accessibles. Les femmes et les enfants les plus touchés sont ceux des régions les plus reculées et les plus pauvres du continent. 1.5 million d’enfants africains deviennent orphelins chaque année et perdent leur maman qui essayait d’accoucher d’une petite sœur ou d’un petit frère. Ces nouveau-nés orphelins ont dix fois plus de risque de mourir dans les deux premières années de leur vie.
Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne les taux de mortalité maternelle s’aggravent. L’Objectif du Millénaire n°5 de réduction de 75% de la mortalité maternelle dans la région d’ici 2015, ne sera jamais atteint sans une action d’urgence. Les causes directes des décès des mères africaines sont les hémorragies, les infections, les problèmes d’obstruction, les désordres d’hypertension artérielle ou les complications suite à un avortement sauvage. Par ailleurs, au moins 20% des maladies des enfants de moins de cinq ans proviennent d’une maman en mauvaise santé pendant la grossesse, de carences alimentaires et du manque de soins à la naissance.
Le VIH/Sida est aussi une menace. La transmission du virus de la mère à l’enfant en Afrique subsaharienne, où l’infection continue de progresser ou s’est stabilisée à des niveaux très élevés, reste un problème majeur. En effet, 45% des mères contaminées transmettent l’infection à leurs enfants. De plus, le virus devient une des causes majeures de mortalité maternelle dans certaines régions d’Afrique.
Et pourtant, une grande partie de ces décès sont évitables car ils sont dus à un manque de soins basiques pendant la grossesse et l’accouchement. Seuls 15% des grossesses et des naissances nécessitent des soins d’urgence dus à des complications difficiles à prévoir. L’accès aux soins de base pendant la grossesse, à la naissance et au cours du premier mois après l’accouchement, est la clé pour sauver les mères et les nouveau-nés.
L’AMREF est une des organisations leader en matière de santé maternelle et infantile. Elle met en place des programmes pour les mères et les enfants qui font office de référence et qui sont adoptés par d’autres organisations et des gouvernements partout en Afrique. Au cours des cinq prochaines années nous voulons renforcer ces programmes.
Nos efforts porteront toujours sur ceux qui en ont le plus besoin : les mères et leurs familles dans les zones rurales les plus pauvres et reculées ou dans les bidonvilles.
On estime que 60% des décès des enfants de moins de 5 ans sont évitables, notamment avec une approche communautaire de la santé. Ainsi, une des activités fondamentales de l’AMREF est la formation d’agents de santé communautaires qui sensibilisent les communautés et les mettent en lien avec les centres de santé.


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1er collectif d'entreprises et de fondations au service de la santé en Afrique