Enfants des rues au Kenya : le portrait d’Amos aujourd’hui cuisinier et entraineur grâce au projet « Child in Need » de l’AMREF
Amos, l’histoire d’une victoire
Lorsque Sam, éducateur pour l’AMREF, rencontre Amos dans le quartier de Zion à Nairobi, ce dernier n’a plus espoir en rien. Il ne va plus à l’école. Manger au moins une fois par jour est un vrai challenge pour ce jeune qui erre dans la rue au quotidien. Sam va lui venir en aide et essayer de le réintégrer grâce au sport et à la vidéo. Petit à petit, Amos va reprendre une scolarité au centre de réhabilitation de l’AMREF à 5km de son quartier. Après un an à l’AMREF, Amos va décider de retourner dans sa famille et de poursuivre des études de cuisinier financées par l’AMREF. En échange de quoi, Amos prépare le déjeuner pour les enfants du centre pendant son temps libre. Une fois sa formation réalisée, Amos va travailler pendant un an au centre.
Aujourd’hui, il s’en sort comme cuisinier « free lance » au sein de la communauté. Il cuisine pour de nombreux événements. En parallèle, il entraine 5 équipes de football féminin pour préserver les jeunes filles des dangers de la rue. Récemment, une de ses équipes a remporté un tournoi national à Mombasa. « Nous n’en revenions pas surtout parce que la plupart des équipes avaient de grandes entreprises comme sponsors et que nous ne bénéficions que de très peu de ressources données par l’AMREF. C’était comme dans un rêve ! » raconte Amos.
Aujourd’hui, grâce à Amos, sa sœur est suivie par l’AMREF et vient de terminer l’école primaire.
Le Projet « Child in Need » : Projet de Réhabilitation, de Resocialisation, et de Réintégration des enfants et des jeunes des rues du bidonville de Dagoretti, Nairobi, Kenya
Dans le bidonville de Dagoretti, 130 000 jeunes vivent dans la rue. Victimes d’un phénomène aux origines multifactorielles (abandon, violence, maladies), on les appelle « chokora », c’est-à-dire « ceux qui vivent dans les déchets » en Swahili. Ils sont mis à l’écart par la société, oubliés par leurs familles, sans instruction, sans nourriture, ni soins médicaux. Une étude conduite par l’AMREF en 2001 a identifié 34 000 jeunes ayant besoin d’assistance « children in need of special protection » dans le seul district de Dagoretti.
Plusieurs facteurs ont conduit à une hausse du nombre d’enfants vivant dans la rue : l’augmentation du niveau de pauvreté à cause de l’augmentation du taux de chômage, les violences post électorales (2007/2008), les orphelins causés par le VIH/Sida et l’augmentation de l’exode rural. La succession de saisons avec de faibles précipitations couplées à l’augmentation du prix des denrées alimentaires a également poussé beaucoup de familles dans le désespoir et d’enfants dans les rues à la recherche de nourriture.
Les objectifs du projet « Child in need » et le village d’enfants
Depuis l’été 2011, l’AMREF accueille des dizaines d’enfants des rues dans un tout nouveau centre « le village d’enfants » imaginé pour établir un véritable lien avec les communautés, qui participent aux activités des enfants, ainsi qu’à leur formation.

Objectifs principaux : améliorer les conditions de vie des enfants et jeunes des rues
Le but principal du projet est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des jeunes en situation difficile, et de renforcer la capacité des membres de la communauté de Dagoretti à se protéger et à promouvoir leurs droits.
Objectifs spécifiques : Resocialisation, Réhabilitation, Réintégration (3R)
1. Diminuer le nombre d’enfants et de jeunes des rues.
2. Faciliter l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle.
3. Augmenter l'accès aux services sanitaires de base.
4. Développer et promouvoir un modèle communautaire de resocialisation, de réhabilitation et de réintégration des enfants et des jeunes en détresse.
La communauté au cœur du projet
Les différentes phases et activités mises en place supposent la participation active de la communauté locale dans le processus de réhabilitation des enfants et des jeunes. Sensibiliser la communauté aux difficultés des jeunes est essentiel pour favoriser leur réintégration.
Parallèlement, l’AMREF mène une activité de lobbying auprès des institutions locales (Gouvernement, Ministères de la santé et de l’éducation, Département des Services Sociaux de la ville de Nairobi) afin d’intégrer cette problématique à l’échelle politique.
Focus : Le soutien de la Fondation Air France au projet Child in Need
La Fondation Air France a financé des activités du projet pour réhabiliter des enfants et des jeunes des rues :
Des visites dans la rue et des tournois de football
Le travail des opérateurs de l’AMREF dans les rues de Dagoretti représente un élément indispensable pour convaincre les enfants et les jeunes de fréquenter le centre de l’AMREF. Ceci est la colonne vertébrale de la réhabilitation et implique des visites dans les rues, la création de liens avec les enfants, le suivi des nouvelles tendances dans les rues et l’accompagnement des enfants à suivre les différentes activités de resocialisation conduites dans les centres. 150 enfants et adolescents ont été approchés et plus de 40 enfants ont été aidés chaque jour dans le centre. Les activités principales dans la rue incluent le football et la mise en place de groupes de discussions. Parmi les principales problématiques qui ont émergées de nombreux abus relatés dans les rues spécialement sur les jeunes enfants, l’augmentation de la toxicomanie et l’augmentation du nombre d’enfants dans les rues, impliqués dans le business du recyclage de matériel, mieux connu sous le nom populaire « woi ». Un tournoi de football qui a impliqué 46 équipes mixtes issues de la rue a eu lieu. Ce tournoi était lié à la formation des enfants et des communautés à l’hygiène.

Identité
Beaucoup d’enfants des rues ne sont pas déclarés à la naissance ceci n’étant pas une priorité pour des parents en recherche de nourriture et de logement. Ensuite, la plupart des parents n’ont pas les documents nécessaires pour que leurs enfants obtiennent des actes de naissance et des cartes d’identité. Ainsi, la sensibilisation et le soutien des enfants afin qu’ils obtiennent ces documents est crucial, pour qu’ils puissent être pris en compte au niveau municipal et national. Grâce à la Fondation Air France, 40 enfants ont été soutenus afin d’obtenir leurs actes de naissance.
Réhabilitation
Atelier de création
Les 168 enfants aidés au centre quotidiennement reçoivent des formations pour développer diverses compétences. Les enfants ont appris à dessiner, à fabriquer des patchworks et des bijoux avec des perles (collier, décorations). Les enfants ont fabriqué 40 colliers à 40 euros, ensuite vendus en Italie, dont le revenu est utilisé pour acheter d’autres matériaux de fabrication. Cette activité vise à occuper les enfants, augmenter la concentration et la créativité.
Les musiciens de Jua Kali
Les batteurs de Jua Kali utilisent des matériaux recyclés pour faire de la musique. Le groupe s’entraine chaque weekend. La formation est combinée avec les réparations et la maintenance des équipements. Parmi les équipements réparés des « tuber phones » et des instruments à vents. Le groupe a effectué 5 représentations pour les membres de la communauté, ce qui a permis aux jeunes de renforcer leurs capacités psychologiques, personnelles, améliorer la confiance en soi, l’expression de la créativité, et la capacité de communiquer sur leur contexte de vie, pour identifier les problématiques et pour trouver des solutions.

Réintégration
Une moyenne de 30 visites à domicile ont eu lieu mensuellement, avec pour objectif la compréhension par la famille de la situation de l’enfant, la création d’une relation avec la famille et la préparation à la réintégration de leur enfant. 3 enfants ont été réintégrés dans leur famille à Nairobi, Central Kenya (Thika) et Western Kenya.
Soins médicaux
32 enfants ont été soignés au centre de santé de Waithaka. Les principaux problèmes rencontrés étaient les infections des voies respiratoires supérieures, les infections urinaires, blessures et problèmes thoraciques qui vont de pair avec le style de vie de l’enfant. 9 enfants ont été référés pour un soutien supplémentaire d’un niveau supérieur en hôpital. Le renvoi des cas a été effectué par radiographies, scanners, évaluations psychologiques et infections dentaires.
L’AMREF remercie sincèrement la Fondation Air France, les donateurs et les partenaires pour leur soutien aux enfants des rues.


JE M'ENGAGE ET
1er collectif d'entreprises et de fondations au service de la santé en Afrique