Notre action contre la transmission du VIH de la mère à l'enfant
Selon l’OMS, 40% des femmes séropositives enceintes infectent leurs enfants. Cela peut arriver pendant la grossesse, l’accouchement, et l’allaitement. Dans de nombreuses zones rurales, l’extrême pauvreté oblige un grand nombre de femmes à accoucher à la maison, sans savoir qu’elles sont séropositives ou sans savoir comment éviter la transmission du virus à leur bébé.
La lutte contre le VIH/Sida des enfants et la lutte contre la mortalité maternelle et infantile représentent deux axes d’intervention prioritaires pour l’AMREF.
Dans le cadre de la santé de l’enfant et du VIH, l’AMREF est convaincue de la mécanique et des éléments suivants :
- Se préoccuper et agir pour la santé de l’enfant, c’est se préoccuper et agir pour la santé de la mère.
- Agir pour la santé maternelle et la PTME suppose alors :
- des traitements accessibles. b.la promotion des droits à la santé reproductive.
- des méthodes et actions de prévention, sensibilisation, traitements afro-communautaires (qui tiennent compte des savoirs, us et coutumes des communautés et qui privilégient les femmes et mères comme bénéficiaires et partenaires).
- et surtout : des agents de santé et du personnel formé pour les mettre en œuvre.
L’AMREF, premier organisme de formation de personnel de santé africains, intègre un volet PTME dans tous ses cursus de formation de sage-femme (en présentiel et via e-learning).
Les sages-femmes formées par l’AMREF apprennent comment prévenir la transmission du VIH lors de quatre différentes phases :
- Prévention primaire de l’infection par le VIH.
- Prévention des grossesses non désirées chez la femme infectée par le VIH.
- Prévention de la transmission du VIH de la femme infectée à son enfant.
- Traitement, soins et soutien psychologique pour la femme infectée par le VIH, son enfant et sa famille.
La prévention primaire de l’infection par le VIH
Le rôle des sages-femmes consiste à conseiller aux jeunes filles d’avoir un comportement et des pratiques sexuelles responsables et à moindre risque (le retardement du début de l’activité sexuelle, la réduction du nombre de partenaires sexuels et l’utilisation de préservatifs). Elles fournissent des informations sur les moyens de diagnostic et de traitement précoce des IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Elles encouragent les jeunes filles à accéder aux services de conseil et de dépistage du VIH et elles apportent aux femmes séronégatives des informations et des conseils pour apprendre à se protéger et préserver leurs enfants de l’infection du VIH.
Prévention des grossesses non désirées chez la femme infectée par le VIH
La sage-femme apporte un soutien approprié à la femme séropositive pour éviter les grossesses non désirées, et de ce fait, réduire le nombre d’enfants exposés au risque de TME : via la planification familiale et des conseils pour une contraception sûre et efficace.
Prévention de la transmission du VIH de la femme infecté à son enfant
Le rôle des sages-femmes dans cette étape est déterminant. Leurs interventions spécifiques visent à réduire la transmission du VIH de la femme séropositive à son enfant par le conseil et le dépistage en matière de VIH. En effet, lorsqu’une femme a toutes les raisons de croire qu’elle bénéficiera d’un traitement et des soins appropriés pour elle-même, ses enfants et son partenaire, il est plus probable qu’elle accepte de se faire dépister et conseiller, et que, au cas où le test révélerait qu’elle est séropositive, elle accepte des interventions visant à réduire la TME.
Les sages-femmes administrent aux femmes qui se révèlent séropositives de la prophylaxie et du traitement par ARV, pour réduire le risque lié à la TME de 40% à 70%, et elles incitent et accompagnent les femmes à des pratiques d’accouchement à moindre risque (comme la césarienne) et à des pratiques d’allaitement adéquates.
Traitement, soins et soutien pour la femme infectée par le VIH, son enfant et sa famille
Lors les différentes phases de la PTME, les sages-femmes témoignent une attention particulière non seulement à la femme séropositive et à son enfant mais aussi à toute sa famille. Elles apportent un soutien social important pour que la femme vivant avec le VIH/Sida et ses proches puissent faire face aux problèmes relatifs à leur santé.
L’AMREF en partenariat avec les Ministères de santé développe des plans d’encadrement pour faciliter l’insertion des nouvelles sages-femmes dans les centres de santé : le but des différentes formations est d’insérer professionnellement les étudiantes dans leurs zones de provenance respectives à la suite de leur formation, pour qu’elles puissent devenir un nouveau point de référence pour la communauté. Après leur formation, l’AMREF suit les sages-femmes pendent leurs deux premières années de pratique, et évalue l’impact de leurs formations sur la santé maternelle et sur la PTME à travers les indicateurs suivants :
- nombre de sages-femmes formées à la PTME
- nombre de sages-femmes en activité/nombre formées
- nombre de mères prises en charge (consultations, visites, accouchements)
- suivi du taux de mortalité maternelle des zones couvertes par les sages-femmes formés à la PTME
Indicateurs et sources de vérification :
- Rapport National Situation Sanitaire.
- Statistiques sanitaires annuelles.
- Rapports d’activités de formation.
- Rapports d’état d’avancement du projet.
- Rapports des visites d’évaluation du projet.
- Base de données
- Ressources Humaines des Instituts de Formation.
- Données du Conseil du Personnel Sanitaire.
- Rapport final d’évaluation.
La formation de sages-femmes communautaires
La pénurie de travailleurs de santé en Afrique est particulièrement dramatique dans les zones rurales isolées où vivent 80% de la population. C’est pourquoi, l’AMREF forme chaque année des milliers de sages-femmes communautaire pour assurer les soins dans les communautés les plus reculées et marginalisées d’Afrique.
L'AMREF veille à ce que les sages-femmes travaillent en lien avec les centres de santé officiels et les hôpitaux. Cela est essentiel non seulement pour assurer une bonne qualité des soins mais aussi pour éviter de créer un système de santé à deux vitesses.
Les sages-femmes communautaires sont choisies par leur propre communauté. Elles reçoivent une formation de base comprenant notamment l'éducation à la prévention du VIH/Sida.
Encadré
Témoignage de Miriam Namusoke, accoucheuse traditionnelle formée par l’AMREF
« Je m’appelle Miriam Namusoke. Je vis dans le village de Wankanya à Luwero en Ouganda. J’ai été accoucheuse traditionnelle pendant longtemps, et je ne faisais pas attention à l’environnement et aux conditions d’hygiène dans lesquels les femmes accouchaient. Je ne savais pas non plus que le virus du VIH se transmettait de la mère à l’enfant. Je ne leur conseillais pas le Centre de santé, car j’avais besoin d’argent. Un jour, j’ai perdu un bébé car je n’avais pas envoyé sa mère à l’hôpital. Cela m’a brisé le cœur et a failli ruiner ma réputation. En 2006, l’AMREF m’a formé en matière de santé, d’hygiène et des risques et maladies liés à la maternité. Ils m’ont donné un kit de soins. J’ai appris à prévenir le risque de transmission du VIH au bébé, qu’il fallait que j’encourage les femmes à bénéficier de soins prénataux, et à se rendre au Centre de santé. Depuis ma formation, aucun bébé n’est mort dans mon village. »
L’exemple du travail de l’AMREF sur la PTME au Kenya
L’AMREF a lancé ses premières activités de PTME en 2002, intégrant la seconde et dernière phase du programme « HIV/AIDS Prevention and Care » (HAPAC) financé par le « Department for international development » du Royaume-Uni (DFID). Le programme HAPAC a couvert toute la province de Nyanza -1. Le début des activités de l’AMREF a coïncidé avec le lancement du programme national de PTME au Kenya dont l’AMREF a rejoint le groupe national de travail technique. Le programme HAPAC a permis de former et d’améliorer les compétences de 60 agents de santé du secteur privé, confessionnel et public. Ce succès a encouragé la mise en œuvre du premier programme global axé spécifiquement sur la PTME dans la province de Nyanza -2. Grâce au soutien de l’Union Européenne ce programme a été achevé en 2006 et Nyanza est devenu le premier district au Kenya à bénéficier d’une couverture de 80% en services de PTME. L’AMREF est aujourd’hui reconnue comme l’initiateur des premiers services de PMTE et de CDV (Conseil et Dépistage Volontaire) dans le district.
Après la mise en œuvre du programme à Nyanza, l’AMREF a sollicité plusieurs bailleurs pour encourager l’élargissement du programme dans d’autres zones du Kenya. Respectivement en 2004 et en 2005 l’USAID/the President’s Emergency Fund for AIDS Relief (PEPFAR) et la Junta Castila Leon of Spain ont décidé de soutenir les nouveaux programme de PTME de l’AMREF. De nouveaux programmes ont couvert toute la zone de Nyando ainsi que la vaste région de Kibera -3 et les zones de Machakos -4 et Makueni -5. Le premier programme, « Integrated Rural and Urban Initiatives (IRUI) », soutenu par PEPFAR, a débuté le 30 septembre 2004 et s’est achevé le 31 mars 2010. Le second programme « Africa Responds » financé par Junta Castila Leon of Spain a démarré en septembre 2006 et s’est achevé en novembre 2009. L’AMREF a décidé de mettre en œuvre la seconde phase du programme « Africa responds 2 » qui a débuté à la fin de l’année 2009.
- La province de Nyanza est une des provinces du Kenya.
- Nyando est un des douze districts de la province de Nyanza au Kenya
- Kibera, situé au Kenya non loin de la capital Nairobi, est l'un des plus grands bidonvilles d'Afrique. Il abrite anviron 1 million de personnes.
- Machakos est une ville kenyane situé à 60 km au sud-est de Nairibi. Elle est la capitale de son district dans la province orientale. Elle est peuplée de 144 109 habitants.
- Makueni est une circonscription administrative de la province orientale du Kenya. Sa capitale est Wote. Le district a une population de 771 545 habitants.
Le programme « Iintegrated Rural And Urban Initiatives (IRUI) »
Objectifs du programmes et résultats obtenus
Objectif 1 : Développer une meilleure connaissance du planning familial, du VIH/Sida, des maladies sexuellement transmissibles et de la Tuberculose auprès des femmes, des hommes et des jeunes.
L’AMREF, a mis en place une série d’activités didactiques autour de la danse, du théâtre, de la musique, pour promouvoir le changement de comportements des membres des communautés. Des rencontres de santé trimestrielles et des journées de sensibilisations ont été organisées et consacrées à :
- Des activités de dépistage,
- La distribution de médicaments,
- L’élaboration de carnet de références portant sur la PTME.
Les principales activités des campagnes de sensibilisation étaient les tests du VIH/Sida et les conseils prodigués dans le cadre de la prévention primaire et la prévention auprès des séropositifs. Plusieurs groupes de « mères-coordonnatrices » sont maintenant opérationnels à Machakos et se réunissent régulièrement au sein de la communauté et les établissements de santé, et généralement dans les centres de santé maternelle et infantile.
Objectif 2 : Renforcement des capacités du ministère de la santé à procurer des soins prénataux et des services complets de PTME et d’ART (antirétroviraux)
Le graphique démontre que les sites de mise en place des activités de PTME ont connu une augmentation rapide – particulièrement entre 2007 et 2008 (425%).
Entre 2007 et 2010, tous les agents de santé de la zone d’intervention (1 480) ont été formés en matière de PTME. Durant la seconde moitié du programme, le nombre de sites bénéficiant de services de PTME est passé de 112 à 170 dans la zone du programme. 146 sites ont communiqué des données régulièrement, tandis que 25 établissements (certains privés), dont plusieurs disposent d’un personnel limité, ont fourni des données de façon intermittente. 50 nouveaux établissements restent pour la plupart sans personnel. L’augmentation de la déclaration de données cohérentes est le résultat de la multiplication des formations et de la supervision.
Les 170 sites sont maintenant en mesure de fournir des services complets de PTME en utilisant la bithérapie antirétrovirale (comprenant la zidovudine (AZT), la névirapine (NVP) et un traitement antirétroviral hautement actif). Les opérateurs de santé de ces sites ont été formés, et des médicaments ont été mis à leur disposition. Tous les sites sont désormais capables de conduire un diagnostic précoce, mais le prélèvement d’échantillons et le retour sur résultats demeurent compliqués en raison des techniques peu probantes utilisées pour la collecte et des longs délais d’exécution. Le suivi et la gestion des données se sont globalement améliorés car plus de personnel a été envoyé dans les districts pour soutenir ces activités.
Objectif 3 : Amélioration de l'utilisation et de l’accès aux conseils et au dépistage volontaire (CDV), aux services complets de PTME et d’ART pour les femmes séropositives enceintes et les nourrissons.
La diffusion de la PTME a fortement augmenté pendant les 5 années du programme jusqu’à atteindre une couverture de plus de 90% dans la zone bénéficiaire. La proportion de femmes ayant reçu la thérapie a été maintenue à plus de 90%, ce qui est supérieur à l'objectif de 80%. Toutefois, le graphique ne tient pas compte des femmes ayant accouché à la maison et celles qui n'ont jamais reçu de soins prénataux. En effet, les accouchements à domicile représentent toujours 85% des cas dans la zone du programme, avec un maximum de 97% en Mwala -6. En revanche, les problèmes liés à la collecte de données ont diminué et leur qualité s'est améliorée. Aujourd’hui les données sont utilisées localement comme base pour la planification, et constituent les outils officiels employés dans tous les établissements.
1.Les indicateurs du programme
Le programme « Integrated Rural et Urban Initiatives » a donné des résultats très satisfaisants à la hauteur des attentes de l’AMREF et de ses partenaires. Les indicateurs des objectifs 2 et 3 soulignent la portée du programme auprès notamment des femmes enceintes et des nourrissons des communautés kenyanes.
Renforcement des capacités du ministère de la santé pour procurer des soins prénataux et des services complets de PTME et d’ART
1 - Formation des agents de santé à la PTME et au traitement antirétroviral :
- 2007 = 476
- 2008 = 372
- 2009/10 = 390
2 - Provision du pack minimum de services de PTME conformément aux directives nationales
- 2004/5 = 10
- 2006 = 15
- 2007 = 28
- 2008 = 119
- 2009/10 = 146
3 - Visites de supervision trimestrielles menées par le Ministère, l'AMREF et / ou les membres de l'équipe CCM au cours des trois derniers mois du programme
- 2004/5 = 2
- 2006 = 4
- 2007 = 4
- 2008 = 4
- 2009/10 = 4
4 - Visites d’appui technique menée par le Ministère, l’AMREF et/ou les membres de l'équipe CCM au cours des six derniers mois du programme
- 2004/5 = 2
- 2006 = 2
- 2007 = 2
- 2008 = 2
- 2009/10 = 2
Amélioration de l'utilisation et de l’accès aux conseils et au dépistage volontaire (CDV), aux services complets de PTME et d’ART pour les femmes séropositives enceintes et les nouveau-nés
1 - % des femmes enceintes qui ont accepté le dépistage et les conseils pour le VIH dans les sites du programme
- 2004 = 6%
- 2005 = 50%
- 2006 = 80%
- 2007 = 90%
- 2008 = 90% (25,486)
- 2009 = 99% (30,855)
- 2010 = 95.7% (25,373)
2 - Les mères qui reçoivent des antirétroviraux dans le cadre de la PTME
- 2008 = 1,088
- 2009 = 701
- 2010 = 987
3 - Prophylaxie infantile (% des bébés recevant une prophylaxie ARV)
- 2009 = 99%
- 2010 = 99%


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1er collectif d'entreprises et de fondations au service de la santé en Afrique