Contenus liés
Les fistules Vesico-Vaginales (FVV)
Qu’est-ce que les fistules vésico-vaginales ?
Les fistules Vesico-vaginales sont des complications dues aux accouchements difficiles, se traduisant par une communication anormale entre la vessie et le vagin, entrainant une perte involontaire d’urines. Cette communication peut apparaître entre la vessie et l’utérus ou l’urètre et le vagin. Elle survient d’ordinaire pendant un accouchement prolongé, quand une femme n’obtient pas la césarienne qui lui serait nécessaire.
Quelles sont les causes ?
Les fistules sont favorisées par le jeune âge de la parturiente et une malnutrition, entraînant un développement insuffisant du bassin de cette dernière ne permettant pas le passage aisé du nouveau-né (disproportion marquée entre la tête du bébé et le bassin, appelée dystocie). L'accouchement requiert alors une césarienne mais cette intervention n'est pas toujours accessible dans le tiers-monde. L’accouchement peut alors durer cinq jours ou davantage (contre quelques heures normalement) sans que la femme reçoive d’aide médicale. La pression prolongée qu’exerce la tête du bébé contre le bassin de la mère interrompt l’afflux du sang dans les tissus mous qui entourent la vessie, le rectum et le vagin, entraînant la nécrose du tissu. La fistule n'est qu'une partie des conséquences possibles d'un accouchement dystocique sans césarienne. Ce dernier peut se compliquer également d'un rétrécissement du vagin, d'une insuffisance rénale, d'une stérilité, de troubles de la marche secondaire à la lésion des nerfs moteurs comprimés. Les fistules peuvent être également dues à d'autres causes (traumatiques dont les complications des mutilations génitales féminines, infectieuses...) mais l'accouchement compliqué en est la principale cause.
Quels sont les symptômes de la maladie ?
Si la fistule est située entre le vagin et la vessie (vésico-vaginale), l’urine s’écoule en permanence, et si elle est située entre le vagin et le rectum (recto-vaginale), la femme ne peut plus contrôler le mouvement de ses intestins. Dans la plupart des cas, une incontinence permanente en résulte tant que la fistule n’est pas opérée.
Quelles sont les incidences de la maladie ?
L’organisation mondiale de la santé estime que 2 000 000 de femmes vivent avec une fistule dans le monde avec 50 000 à 100 000 nouveaux cas chaque année soit 100 cas par jour. On trouve des proportions inquiétantes dans les pays en voie de développement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. L'incidence des accouchements difficiles a été estimée à près de 6 500 000 cas/an dans les pays défavorisés, entraînant une incidence annuelle théorique de près de 130 000 fistules obstétricales. Incapables de rester sèches, beaucoup de femmes souffrent de l’humiliation constante de dégager une odeur d’urine et/ou d’excréments. Il peut aussi leur être difficile de marcher parce que les nerfs des membres inférieurs sont atteints. Elles sont souvent rejetées par leur époux ou leur partenaire, évitées par leur communauté et blâmées de leur état. Les femmes non soignées non seulement peuvent s’attendre à une vie de honte et d’isolement, mais risquent aussi de connaître une mort lente et prématurée pour cause d’infection et d’insuffisance rénale.
Peut-on diagnostiquer la maladie ?
Il est souvent nécessaire de connaître le trajet exact de la fistule à travers les tissus, en vue de la traiter. Ce diagnostic de localisation est fait par l'exploration chirurgicale ou encore par fistulographie, grâce à un produit de contraste iodé et hydrosoluble qui, injecté dans la fistule, la rend visible sur les radiographies.
Peut-on traiter la maladie ?
Une fistule est parfois guérie par le traitement de l'affection en cause (traitement antibiotique d'un abcès). Vue précocement, la mise en place d'un cathéter dans la vessie permet de diminuer la pression sur les tissus et d'obtenir un certain nombre de fermetures spontanés des fistules. En cas d'échec de cette méthode ou si la patiente est vue tardivement, seule une réparation chirurgicale est possible. Même en cas de succès de la fermeture, une incontinence peut subsister, par lésion des sphincters de la vessie, dont le traitement reste complexe et aléatoire.
Peut-on prévenir la maladie ?
En retardant l’âge du mariage et de la première naissance, on peut réduire sensiblement le risque d’accouchement prolongé. Il est essentiel de mieux informer les femmes et leurs familles concernant les dangers de la grossesse et de l’accouchement et l’importance des soins obstétricaux d’urgence. Des campagnes de plaidoyer attentives aux valeurs culturelles et portant sur la santé maternelle et la fistule obstétricale pourraient instruire les communautés des signes de complication de la grossesse et de la nécessité d’obtenir sans délai une attention médicale. Les femmes qui ont été traitées avec succès pourraient aussi être formées à assister la campagne d’information communautaire. Le soutien des responsables locaux et nationaux est nécessaire à toutes les activités d’éducation. Le traitement préventif le plus efficace reste cependant l'amélioration des conditions socio-économiques permettant une prise en charge médicale correcte des accouchements difficiles.
Sources : OMS


JE M'ENGAGE ET
1er collectif d'entreprises et de fondations au service de la santé en Afrique