Afrique de l'Ouest: Programme « IMAD » pour le renforcement des laboratoires - défi 1 et 3
Améliorer la formation des laborantins et des médecins pour détecter et soigner le paludisme
Le contexte
En Afrique subsaharienne, le rôle des laboratoires devient de plus en plus déterminant dans le dépistage et la lutte contre les épidémies et les maladies infectieuses. Renforcer les compétences des personnels de laboratoire à tous les niveaux est donc une démarche indispensable pour détecter rapidement et réduire les grandes épidémies (dont le paludisme) afin de prendre en charge au mieux les patients. Pour répondre à cette demande, depuis 1985, l’AMREF met en place un programme pour soutenir les ministères de la santé dans le développement de services de laboratoire efficaces et durables. En 1989, une évaluation détaillée sur le système de Services de Laboratoires conduite en Tanzanie par l’AMREF, démontrait que 40 % des pannes des instruments de laboratoire étaient causées par la négligence des utilisateurs et par le manque de connaissances sur les procédures, la maintenance et l’utilisation des équipements. De plus, les procédures de sécurité, de stérilisation et de désinfection, et tous les autres aspects de la gestion des laboratoires étaient très faiblement mis en œuvre. Tout cela a conduit les gouvernements de la Tanzanie comme ceux d’autres pays à demander une accélération des programmes de formation. Mais il n’y a pas encore assez de cours pour répondre à la demande et souvent, les personnels se trouvent dans des zones isolées où l’accès aux manuels de formation, les échanges et le soutien des autres professionnels du pays deviennent très difficiles. Le manque d’équipement, d’accès aux produits chimiques et aux réactifs et surtout le manque de reconnaissance de l’importance des services de laboratoires pour le bon fonctionnement du système de santé persistent encore malgré les efforts conduits par l’AMREF et ses partenaires.
Le programme « IMAD » Improving Malaria Diagnostic
L’Afrique enregistre 270 millions de cas aigus de paludisme (90 % des cas mondiaux), cette épidémie dévastatrice tue un enfant toutes les 30 secondes. L’AMREF est convaincue qu’un diagnostic et un traitement rapides sont des éléments fondamentaux de la stratégie de contrôle du paludisme. C’est pourquoi depuis 2007, elle s’est associée au programme phare de l’USAID pour l’amélioration du diagnostic du paludisme, en partenariat avec les ONG « Hydas World Health » et « Medical Care Development International ». Ce programme touche plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne, notamment le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Mali et le Nigéria en Afrique de l’Ouest.
L’objectif général
L’objectif général du programme est d’améliorer le diagnostic des laboratoires dans les centres de santé publique. Ce programme vise aussi à augmenter la connaissance, l’adoption et la correcte utilisation des microscopes et du Test de Diagnostique rapide (TDR) par les équipes de laboratoire et les agents de santé en contact direct avec les patients : deux éléments essentiels pour un diagnostic correct du paludisme.
Les objectifs spécifiques
- Mettre en place une évaluation globale de la situation des laboratoires.
- Développer du matériel pédagogique pour former les opérateurs sanitaires au diagnostic du paludisme et à l’utilisation du microscope et du TDR.
- Former (en gestion et diagnostic clinique et de laboratoire) et fournir une assistance technique pour augmenter le contrôle et la qualité des programmes.
- Approvisionner en équipements techniques et fournitures de laboratoire.
Les résultats déjà obtenus
Grâce à l’action de l’AMREF :
- 1 200 laborantins ont étés formés au diagnostic du paludisme.
- 600 centres ont étés visités lors des visites de formation, contrôle et support technique.
- 40 équipes provenant du Kenya, Zambie, Libéria, Ghana et Angola, ont obtenu l’accréditation de l’OMS en microscopie du paludisme.
- Les laboratoires de 6 pays ont étés équipés.
- Les indicateurs nationaux pour le diagnostic de laboratoire ont étés identifiés en Ethiopie, Kenya et Malawi.
- Des cours de remise à niveau en « utilisation du microscope et TDR » et « méthodes cliniques pour la gestion des cas de paludisme » ont étés développés.
Le rôle de l'AMREF dans ce programme
Dans le partenariat pour mener ce programme, l’AMREF met à disposition l’expertise de ses experts techniques pour des activités de consulting, de création et de distribution des manuels pédagogiques, et de formation. Pour la mise en place du programme dans les deux pays francophones concernés, le Bénin et le Mali, des outils pédagogiques utilisés pour le projet ont été déjà traduits en français (Malaria Diagnostic Policy Guidelines ; training curricula, supervisory checklists).
The Est African Regional Laboratory Quality Assessment Scheme (EA-REQAS)
Il s’agit d’un programme développé et entièrement géré par l’AMREF, actuellement en cours au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, et bientôt élargi au Rwanda et au Burundi. Ce programme a comme objectif l’amélioration de la qualité des services essentiels de diagnostic des laboratoires cliniques et des centres ruraux en Afrique de l’Est. Pour ce faire l’AMREF a développé un schéma régional de l’évaluation externe de la qualité. Le professeur Souleymane Mboup évaluera le besoin de développer un schéma subrégional similaire en Afrique de l’Ouest (pour commencer dans 3 pays).
Besoins pour le développement du programme en Afrique de l’Ouest :
- Traduction en français de quatre manuels pédagogiques.
- Bureau en AO pour diriger les programmes.


JE M'ENGAGE ET
1er collectif d'entreprises et de fondations au service de la santé en Afrique