Tanzanie : Programme d'accès à l'eau - défi 4

Water and Sanitation Umbrella Programme (WASUP)

 

Améliorer l’accès à l’eau dans le district de Mkuranga

 

Le contexte

 

Les conséquences de la sécheresse en Afrique de l'Est


En septembre 2009, une grande vague de sécheresse a touché une grande partie de l’Afrique de l’Est, et environ 23 millions d’africains vivants déjà dans des conditions de stress hydrique. Les populations des zones rurales ont été les plus touchées. Ces dernières, situées sur des territoires exposés aux phénomènes de désertification dues aux activités humaines, avaient déjà de grandes difficultés pour accéder à une source d’eau salubre. Le niveau de précipitations inferieur à la moyenne a eu de lourdes conséquences

 

  • migrations internes massives dues à la recherche d’eau et de nourriture.
  • affaiblissement et réduction des cheptels dus à l’état désastreux des pâturages.
  • la population a commencé à consommer de l’eau insalubre, alimentant ainsi le cercle vicieux qui relie le manque d’eau, une mauvaise santé, la dégradation de l’environnement et la pauvreté.

 

La Tanzanie


La Tanzanie est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres au monde, (151eme sur 182 pays pour l’IDH). L’année 2008 qui a vu le début de la crise mondiale, a été particulièrement difficile pour ce pays, déjà fragile et dépendant des aides étrangères.

 

La sécheresse et la crise ont provoqué l’augmentation des prix des denrées alimentaires qui constituent la base du régime des familles tanzaniennes : le maïs, les haricots, le riz. La Tanzanie traverse aujourd’hui une grave crise sanitaire, avec des taux élevés d’infection au VIH/SIDA et de mortalités maternelle et infantile.

 

Quelques chiffres sur la santé en Tanzanie


  • Plus de 2,2 millions de personnes vivent avec le VIH/ SIDA.
  • 90% des décès chez les enfants surviennent en raison de maladies liées au manque d’eau salubre (le paludisme, la diarrhée), la malnutrition et le VIH/SIDA .
  • 45% de la population vivant dans les zones rurales n’ont pas accès à l’eau salubre.

 

Le district de Mkuranga


Mkuranga dans la région de Pwani, présente une population d’environ 200 000 habitants répartis dans 101 villages. Les indicateurs socio-sanitaires du district indiquent une grande pauvreté et une quasi absence de services sanitaires de base. Le taux de mortalité infantile de 120/1000 est, par exemple, bien au-dessus de la moyenne nationale de 68/1000. Les équipements hydriques existants ne sont pas en quantité suffisante, et sont même jugés inutilisables. Les habitants du district ne disposent pas de la quantité minimale quotidienne d’eau potable et les maladies liées à l’eau se diffusent très facilement, causant des victimes surtout parmi les enfants âgés de moins de 5 ans, plus vulnérables.

 

Les actions de l'AMREF

 

L'AMREF en Tanzanie


L’AMREF travaille en Tanzanie depuis 1957, date à laquelle les Flying Doctors ont établi des services de médecine spécialisée dans les hôpitaux isolés. En 1987, l’AMREF Tanzanie est créée avec un bureau à Dar Es-Salaam, qui gère aujourd’hui plusieurs programmes santé menés dans tout le pays. Ces programmes visent à :

 

  • encourager les populations au dépistage du VIH/SIDA (campagne de promotion et de dépistage) 
  • réduire la stigmatisation liée à la maladie (informations, documentations, éducation,..) 
  • informer les femmes sur leurs droits en matière de procréation et les soutenir dans leurs démarches de discussion et d’affirmation de leurs droits (groupes de paroles, éducation,..) 
  • sensibiliser les jeunes aux problèmes de santé sexuelle ; former des agents de santé communautaire pour prévenir le paludisme 
  • améliorer l’accès à l’eau, à l’hygiène et à la santé.

 

L'AMREF à Mkuranga


L’AMREF améliore l’accès à l’eau pour les familles du district de Mkuranga à travers la construction de puits de surface et de profondeur, sûrs et simples d’entretien.

 

Le projet Hydrique de Mkuranga

 

L’objectif général : améliorer les conditions sanitaires du district


Améliorer les conditions sociales et sanitaires des communautés du district. La mission d’évaluation effectuée a estimé un besoin d’approvisionnement en eau potable pour 120 000 personnes.

 

Les objectifs spécifique : accès à l’eau potable et gestion sur du long terme


  • Améliorer l’accès à l’eau potable
  • améliorer la capacité des communautés à gérer, entretenir et contrôler des ressources hydriques disponibles
  • promouvoir l’éducation sanitaire, les bonnes pratiques et comportements d’hygiène dans les communautés
  • promouvoir des activités génératrices de revenu liées à l’eau, avec une attention particulière au rôle des femmes.

 

Les bénéficiaires et les premiers résultats


Depuis l’ouverture du programme, l’AMREF a déjà construit 55 puits de surface et 15 puits de profondeur dont bénéficient 650 foyers correspondant à des familles de 6 personnes, soit environ 4000 personnes. Beaucoup de puits restent encore à construire pour pourvoir faire face aux besoins des 19 000 foyers restant à couvrir.

 

Comment soutenir le programme ?


Les coûts


1 puits + formation (gestion, entretien,..) + éducation aux règles d’hygiène des communautés bénéficiaires (environ 9 foyers/puits) = 3 000 euros

 

1 puits + formation + éducation + lancement de micro activités génératrices de revenu = 5 000 euros

 

Exemple


avec 20 K€ (soit 8K€ après déduction fiscale) vous donnez accès à l’eau salubre à environ 100 familles africaines du district de Mkuranga.

 

NB : Les donateurs et mécènes, partenaires du projet hydrique de Mkuranga, bénéficient :

 

  1. d’un premier bilan complet (photos, informations) dans les 6 mois qui suivent le début de la construction du ou des puits comprenant des informations sur la communauté bénéficiaire, sur les puits (situation, profondeur, avancée des travaux, ..) et sur les comités formés par l’AMREF (nombre, qualité, …)
  2. d’une attestation avec la photo du puits et des représentants de la communauté bénéficiaire, une fois le puits construit (environ 12 mois après le début des travaux).

 

Il est possible de faire graver sur le puits une inscription choisie par le donateur.


Les phases de construction d'un puits de surface:


Le temps nécessaire pour la réalisation d'un puits peut varier, dépendant des conditions climatiques, de la disponibilité des matériaux (pierres, sable, bois, etc.), de la présence d'animaux sauvages, et du degré d'engagement et d’organisation des bénéficiaires. Tous, en effet, sont appelés à se rendre disponibles pour un déroulement correct des opérations de creusement et construction. Lorsque c’est possible, l’AMREF préfère la construction de puits de surface, dont la couche aquifère atteint quelques dizaines de mètres, dans des terrains peu rocheux facilement excavables par les membres des communautés avec l'usage d'outils simples. Ainsi les communautés seront en mesure de reproduire le travail de construction et de gérer ces nouvelles infrastructures, qui ne demandent pas de connaissances ou de matériels élaborés.

 

Phases d’intervention

 

  1. Les opérateurs de l’AMREF organisent une rencontre avec la communauté pour illustrer les avantages de la construction d'un puits et de la disponibilité d’eau saine (la fin des marches exténuantes avec de lourds bidons d'eau sur la tête et la diminution du risque de maladies liées à l’eau contaminée). Ils expliquent aussi l’importance d’accéder à une source d’eau sûre pour l'usage domestique et pour arroser les plantations. Pendant les opérations de construction, un monitoring des maladies les plus fréquentes dans les zones d'intervention est mis en place.
  2. Les experts effectuent des études hydrologiques pour évaluer le lieu exact du futur puits.
  3. L’AMREF explique les techniques de creusement aux membres communautaires impliqués qui mobilisent la main-d’œuvre nécessaire et les outils.
  4. Les techniciens de l’AMREF prélèvent quelques échantillons d’eau pour analyser sa composition, sa salinité, son alcalinité, etc., et donc évaluer sa potabilité.
  5. Les parois du puits sont construites avec des matériaux locaux (pierres, briques).
  6. Les techniciens procèdent à la phase d'installation de la pompe pour l'extraction de l'eau. Pour assurer sa salubrité dans le temps, un enduit de ciment est réalisé sur la face intérieure du puits, puis on recouvre son embouchure par une dalle pour le protéger des contaminations extérieures.
  7. Le puits est terminé et fonctionne. Depuis le début de la construction, les membres de la communauté ont participé à des réunions de formation.
  8. Un comité en charge de superviser toutes les phases du projet ainsi que la gestion des nouvelles infrastructures est créé au sein de la communauté. Ce comité est formé et accompagné durant deux années entières par l’AMREF.