Kenya: Réduire la vulnérabilité des jeunes des rues du bidonville de Dagoretti - défi 2

Village et soutien aux enfants et jeunes des rues


  • Pays : Kenya, bidonville de Dagoretti.
  • Bénéficiaires : 34 000 enfants et jeunes des rues.
  • Objectifs : 3R - Réhabilitation, Resocialisation, Réintégration.
  • Initié le : 01/04/2000.
  • Budget 2010: 689k€.

 

Le bidonville de Dagoretti, une situation alarmante au cœur de la capitale kenyane

 

Au Kenya, les conflits ethniques des années 1990 dans les zones rurales ont généré un immense phénomène d’urbanisation. La capitale, Nairobi, compte aujourd’hui 4 millions d’habitants, dont la moitié survit dans des bidonvilles. Pauvres, privés des principaux services de base tels que l’électricité, l’eau potable et l’accès à l’hygiène, les habitants de ces bidonvilles vivent dans des conditions désastreuses. La situation déjà précaire a dégénéré en 2008, une année particulièrement difficile au Kenya, qui a du faire face à une forte crise post-électorale, à une grosse vague de sécheresse et à la crise financière mondiale.

 

Dans le bidonville de Dagoretti, 130 000 jeunes sont dans la rue. Victimes d’un phénomène aux origines multifactorielles (abandon, violence, maladies), on les appelle « chokora », c’est-à-dire « ceux qui vivent dans les déchets » en Swahili. Ils sont mis à l’écart par la société, oubliés par leurs familles, sans instruction, sans nourriture, ni soins médicaux. Une étude conduite par l’AMREF en 2001 a identifié 34 000 jeunes ayant besoin d’assistance « children in need of special protection ». L’AMREF a décidé d’initier un projet, pour les soutenir, basé sur le processus des 3R : Réhabilitation, Resocialisation, Réintégration, et de construire un centre d’accueil dans le quartier de Waithaka.

 

Le Projet CHILD IN NEED

 

Objectifs principaux : améliorer les conditions de vie des enfants et jeunes des rues


Le but principal du projet est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des jeunes en situation difficile, et de renforcer la capacité des membres de la communauté de Dagoretti à protéger et à promouvoir leurs droits.

 

Objectifs spécifiques : resocialisation, réhabilitation, réintégration


  1. Diminuer le nombre d’enfants et de jeunes des rues.
  2. Faciliter l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle.
  3. Augmenter l'accès aux services sanitaires de base.
  4. Développer et promouvoir un modèle communautaire de resocialisation, de réhabilitation et de réintégration des enfants et des jeunes en détresse.

 

La communauté au cœur du projet


Les différentes phases et activités mises en place supposent la participation active de la communauté locale dans le process de réhabilitation des enfants et des jeunes. Sensibiliser la communauté aux difficultés des jeunes est essentiel pour favoriser leur réintégration. Parallèlement, l’AMREF mène une activité de lobbying auprès des institutions locales (Gouvernement, Ministères de la santé et de l’éducation, Département des Services Sociaux de la ville de Nairobi) afin d’intégrer cette problématique à l’échelle politique.

 

Aujourd'hui : un centre d'accueil et plusieurs activités

 

A l’origine donc, le projet consistait à accueillir les enfants des rues, à les héberger et à les scolariser (avec la collaboration de volontaires locaux). Cette première expérience, bien qu’indispensable, a montré ses limites, car malheureusement beaucoup d’enfants retournaient dans la rue. L’AMREF a donc décidé d’initier la « phase 2 » du projet, et de construire un « village d’enfants ».

 

Ce « village d’enfants » a été imaginé pour établir un véritable lien avec les communautés, qui participent aux activités des enfants, ainsi qu’à leur formation. Cet engagement des communautés est une condition essentielle pour la réhabilitation des enfants sur du long terme. Les travaux ont démarré en décembre 2008, et le centre est opérationnel depuis mai 2011.

 

Les bénéficiaires directs du projet :


  • 300 jeunes et enfants en détresse ont été approchés dans la rue et accueillis dans le centre.
  • 150 jeunes et enfants ont bénéficié d’une réhabilitation psychologique et physique.
  • 150 jeunes et enfants ont été réintégrés dans leurs familles.
  • 100 jeunes ont participé à des cours de formation professionnelle.
  • 120 enseignants ont été formés et sensibilisés aux problématiques des jeunes des rues.
  • 50 artisans locaux ont été contactés pour proposer un emploi aux jeunes du centre.
  • 400 membres de la communauté ont été sensibilisés aux problématiques des jeunes.

 

Les visites dans les rues


Le staff de l’AMREF a approché 2000 enfants et jeunes des rues, afin de les inciter à participer aux activités du centre de Waithaka.

 

Les premiers secours et l’assistance sanitaire


440 enfants et jeunes ont bénéficié de soins de premiers secours ou de consultations spécialisées. Les jeunes qui s’adressent au centre de l’AMREF, bénéficient d’un service de premiers secours, pour soigner des troubles tels que des rhumes, états grippaux …etc. Lorsque les examens initiaux indiquent un besoin de soins spécialisés, des examens complémentaires sont réalisés.

 

Rapport d’activités et bénéficiaires 

 

Le programme nutritionnel


Tous les jeunes faisant partie du projet de réhabilitation ont reçu un repas chaud chaque jour (les jeunes séropositifs en ont reçu deux).

 

Les visites aux familles


150 nouvelles familles ont été contactées pour favoriser la réintégration des jeunes et 50 familles réconciliées ont été suivies. Environ la moitié des jeunes qui ont rejoint le centre ont recommencé a vivre avec leurs familles en fin d’année.

 

La thérapie et le soutien psychologique


200 enfants et jeunes ont bénéficié d’une thérapie dans le centre de Waithaka, et 150 autres ont bénéficié d’une assistance psychologique dans la rue. Ils ont participé à deux séances par semaine et pour les cas difficiles à des séances individuelles.

 

La réintégration scolaire


300 enfants ont été réintégrés à l’école après un examen de réinsertion, et 370 enfants précédemment réintégrés ont été suivis par le référent éducatif du projet. 2/3 des activités de réinsertion scolaire ont été réalisées auprès d’un public féminin.

 

Les cours d’apprentissage professionnel


50 jeunes ont participé à des cours pour devenir coiffeurs, électriciens, mécaniciens ou couturiers.

 

Les activités sportives


Le but est d’éduquer et de réhabiliter les jeunes des rues au travers d’activités sportives. Le football est le sport clé pour approcher les jeunes des rues, et aborder avec eux leurs difficultés sociales. Le 9 juin 2007, le Ministère du sport kenyan a reconnu officiellement le football de rue, et a organisé un tournoi avec les jeunes de Dagoretti. A la fin de chaque match, le staff de l’AMREF a pu distribuer du matériel d’information et de sensibilisation sur le VIH/Sida.

 

Le laboratoire musical


Créé en 2005, ce laboratoire se compose de 4 workshops par an, durant lesquels les participants fabriquent des instruments musicaux de tradition africaine avec des matériaux recyclés. 24 jeunes ont créé un groupe de percussions, les «JuaKali Drummers. Ils se sont produits 30 fois à Nairobi, au cours du célèbre « Umbria Jazz Festival » en Italie, et ont participé à un échange avec des jeunes des favelas brésiliennes.

 

Le laboratoire vidéo


80 jeunes du centre ont appris à utiliser une caméra et ont réalisé 8 journaux télévisés, les « Millennium News » dédiés aux 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement. En décrivant la dure réalité de leur quotidien, ils ont montré à quel point le chemin est encore long pour atteindre ces objectifs. Les « Millennium News » ont été diffusées en Europe et dans le monde par la chaîne de télévision National Geographic.

 

Le laboratoire théâtral


L’art et le théâtre sont des moyens de réhabilitation des jeunes des rues. Le théâtre favorise la réhabilitation physique et psychologique. Il offre aussi l’opportunité de discuter de thématiques taboues comme la sexualité. Deux troupes ont été créées en 2008 et ont produit deux spectacles :

 

  • Mapenzi Tamu (L’amour, c’est bien) sur la thématique du VIH/Sida et des rapports sexuels entre jeunes. La troupe est montée 16 fois sur scène à Nairobi.
  • Malkia (Reines) où 19 filles, âgées de 15 à 19 ans, abordent des thématiques telles que : savoir dire non, la communication est une arme, le respect de soi. Cette pièce a été mise en scène 2 fois à Nairobi et en Italie à l’occasion de la journée des femmes les 7 et 9 mars 2009.

 

Les autres jeunes du centre assistent et participent aux répétitions avec le sociologue du projet.


Les besoins pour ce programme : soutenir les activités du village des enfants

 

  • 150€ pour garantir un petit-déjeuner, la prise en charge psychologique, la réintégration et les fournitures scolaires pour un enfant pendant un an.
  • 840 € pour le financement du laboratoire vidéo pour 80 jeunes
  • 1 200 € pour le financement des visites à 200 familles
  • 1 440 € pour le financement de la formation de 400 membres de la communauté aux droits des enfants et des jeunes
  • 1 800 € pour le financement des fournitures scolaires pour 300 enfants
  • 2 500 € pour le financement de 150 prises en charge psychologique
  • 11 000 € pour garantir des soins médicaux à 1000 jeunes des rues pendant un mois
  • 15 000 € pour le financement de l’apprentissage professionnel de 50 jeunes
  • 15 900 € pour le financement de la réintégration scolaire de 300 enfants
  • 46 800 € pour financer le travail de 100 opérateurs sociaux pendant un mois (chaque opérateur travaille avec 36 jeunes)
  • 60 000€ pour le financement des répétitions et les mises en scène des Malkia, JuaKali Drummers senior et junior, et Mapenzi Tamu (3 tournées par troupe).
  • 73 000 € pour garantir un petit-déjeuner à 1000 jeunes des rues pendant un an.