LE CONTEXTE
Le Soudan est le pays le plus grand d’Afrique, et sans doute le plus complexe et difficile à gouverner. C’est une république présidentielle, indépendante depuis 1956, subdivisée en 26 états, peuplée de 29 millions de personnes (dont 6 millions vivent dans le sud), et composée de nombreux groupes ethniques parlant 132 langues différentes .
Au début des années 80, une guerre sanglante entre le Nord –musulman–, qui gouverne le pays, et la population du sud du pays, de religion christiano-animiste, marque le début d’une spirale de violence qui sera à l’origine de 2 millions de morts, et qui transformera le sud en un tas de décombres.
Les raisons de cette terrible guerre sont anciennes : depuis toujours le nord exerce de manière violente son hégémonie sur le sud pour en contrôler les ressources.
Le nord, en effet, détient le pouvoir politique mais il s’agit d’une zone très aride. Le sud, au contraire, est coupé du monde mais exerce un contrôle stratégique sur l’eau du Nil et sur les gisements de pétrole découverts dans la région d’Equatoria. La guerre du Soudan est aussi – et surtout – un grand « imbroglio » international pour mettre la main sur ces ressources.
Aujourd’hui cependant, les sud-soudanais peuvent enfin croire en un futur de paix : après plus de 20 ans de guerre civile, le gouvernement de Karthoum et l’armée sécessionniste du Sud (SPLA-Sudan People Liberation Army), ont signé un accord de paix.
En 2011, selon ces accords, les populations du sud seront appelées à s’exprimer, par referendum, sur leur propre avenir : elles pourront choisir l’indépendance par rapport au nord. Pour les sud-soudanais, cela semble encore un rêve lointain, et la route pour y parvenir est encore longue, pleine d’obstacles qu’aujourd’hui encore, nous ne sommes pas en mesure de prévenir.
L'OBJECTIF GENERAL
Le Sud Soudan doit renaître de ses cendres. Il faut reconstruire les villes, les rues, l’économie et le système sanitaire.
C’est à ce dernier défi - reconstruire un système sanitaire inexistant - que l’AMREF a choisi de prendre part, comme acteur de premier plan.
CE QU'ON A FAIT
Depuis que la guerre a éclaté en 1983 et amené des milliers de médecins compétents ainsi que de nombreux professionnels de santé à quitter le pays, la santé de la population est entre les mains des rares docteurs restants, très peu formés, et qui n’ont ni le savoir, ni l’équipement et ni les médicaments pour les soigner.
En 1998, le SPLM-Sudan Peoples’ Liberation Movementdésire mettre en place une politique sanitaire, et demande à l’AMREF de faire partie d’un consortium pour créer un programme effectif de prestation de soins médicaux. Mais avec le manque cruel de personnel médical, ce programme était impossible à lancer. Le SPLM et le consortium ont alors développé le programme de formation des professionnels médicaux de Maridi – à l’époque l’une des régions les plus stables sous le contrôle de la SPLM.
En octobre 1998, la première classe d’étudiants a franchi les portes de l’Institut National de Santé de Maridi, le seul de toute la région.
En 2001, en dépit de l’insécurité, du manque de services et d’équipement dans les hôpitaux « universitaires » locaux, l’institut a vu ses 17 premiers étudiants diplômés. Après 11 ans d’activité, nous pouvons évaluer ce projet comme un succès : 213 assistent(e)s médicaux(ales) diplômé(e)s par l’AMREF sont déjà en train d’assister des milliers de concitoyens. Ce ne sont pas des spécialistes, mais ils sont en mesure d’intervenir pour les pathologies les plus communes au sein de la population et d’effectuer des interventions chirurgicales de base.
CE QU'ON PEUT ENCORE FAIRE
Les diplômé(e)s de l’Ecole de Maridi représentent donc la principale ressource humaine pour construire un meilleur futur.
Chacun d’entre eux a été choisi par le chef de sa communauté, pour l’aider ainsi à répondre à ses besoins en matière de santé. Ils sont tous parrainés par une ONG, qui finance les 4 000 € que coûte la formation complète sur trois ans.
Au même titre qu’une formation globale en médecine, le cursus de l’institut englobe trois cours fondamentaux de mathématiques, d’anglais et de biologie, pour augmenter la culture générale des étudiants, notamment ceux qui n’ont pas eu la chance de terminer le second cycle scolaire.